Le flow au bloc : comprendre, choisir et assumer

Quand on parle de chirurgie, on parle souvent de technique, d’expérience et de résultats.

On parle rarement de l'état mental dans lequel le chirurgien travaille.

Pourtant, cet état est déterminant.

Il porte un nom : LE FLOW

Le flow : c’est quoi ?

Le flow est issu de la psychologie de la performance.

Il désigne un état de concentration intense et stable, dans lequel :

    •    l’attention est focalisée sur la tâche

    •    les décisions sont rapides et pertinentes

    •    le geste est fluide

    •    l’effort est réel, mais maîtrisé

Le flow n’est ni de la détente, ni du stress, ni du pilotage automatique.

En chirurgie, c’est l’état qui permet :

    •    précision

    •    constance

    •    fiabilité du geste

Le flow n’est pas un hasard, c’est un choix

Contrairement à une idée répandue, le flow ne “vient pas tout seul”.

Il est le résultat de choix professionnels.

Entrer en flow suppose de :

    •    réduire la dispersion mentale

    •    limiter les interruptions inutiles

    •    structurer le temps opératoire

    •    préparer en amont pour libérer l’attention pendant l’acte

Autrement dit :

Choisir le flow, c’est accepter de ne pas tout faire en même temps.

C’est poser un cadre.

La balance bénéfice / risque du flow en chirurgie

Les bénéfices

    •    meilleure précision du geste

    •    diminution des erreurs liées à la surcharge cognitive

    •    décisions plus justes en temps réel

    •    constance de la qualité sur l’ensemble de l’intervention.

À long terme :

    •    meilleure endurance professionnelle

    •    réduction du risque d’épuisement

    •    qualité opératoire plus stable dans le temps

Les contraintes et les risques

Maintenir cet état est exigeant, notamment sur une longue journée.

    •    fatigue cognitive réelle

    •    nécessité de pauses et de récupération

    •    impossibilité de fonctionner en mode “urgence permanente”

Le risque ce n’est pas le flow mais c’est de ne pas en respecter les limites.

C’est pourquoi le flow doit être :

    •    préparé

    •    dosé

    •    protégé

Il ne s’agit pas d’opérer plus, mais d’opérer mieux, dans de bonnes conditions mentales.

Ce que j’ai choisi dans ma pratique

    •    des journées opératoires structurées

    •    un cadre clair

    •    une organisation pensée pour réduire la charge mentale inutile

Non par rigidité.

Mais parce que la qualité en chirurgie dépend directement de la qualité de l’attention.

Enfin

Le flow n’est pas un concept abstrait.

C’est un outil de travail.

Avec des bénéfices, en termes de précision, de sécurité et de constance.

En chirurgie, ce n’est pas seulement ce que l’on fait qui compte.

C’est dans quel état de concentration on le fait.

Dr Linda Gomis

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