Grossesse et chirurgie libérale : la réalité du « marche ou crève »

Je le dit, sans détour.

Quand on est chirurgien libéral enceinte, c’est souvent marche ou crève.

L’expression est dure. Mais elle est honnête.

Parce que le système ne s’arrête pas. Parce que le cabinet ne se met pas en pause. Parce que les charges continuent de tomber, quoi qu’il arrive.

Alors on continue. On opère tard. On consulte jusqu’au bout. On adapte, on compense, on encaisse.

Pas par héroïsme. Par réalité économique et organisationnelle.

On reprend vite aussi. Souvent plus vite que ce que l’on conseillerait médicalement. Pas parce qu’on minimise ce que le corps vient de traverser. Mais parce que l’alternative n’existe pas vraiment.

Quand on est libéral, il n’y a pas de filet confortable.

Il y a :

  • des patientes qui attendent

  • une équipe à faire vivre

  • une structure à maintenir debout

Alors oui, parfois, c’est “marche ou crève”.

Ce n’est pas une plainte. Ce n’est pas un cri de guerre non plus.

C’est un constat lucide sur ce que le système demande, encore aujourd’hui, aux femmes médecins libérales.

Certaines vivent cette période avec fluidité. D’autres beaucoup moins….

Mais toutes composent avec la même équation : continuer à être pleinement professionnelles dans un moment où le corps, lui, demande autre chose.

En parler n’est pas se victimiser. C’est refuser de faire semblant.

En 2026, la vraie question n’est pas de savoir si une femme peut être chirurgien et mère.

Elle l’est déjà.

La vraie question est :

Pourquoi cela repose encore presque exclusivement sur leur capacité individuelle à tenir ?

Dr Gomis

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